Julia : que vaut le premier album de la nouvelle protégée de Mylène Farmer ?

Elle est jeune, mutine mais possède une voix déjà affirmée et impeccable. Julia vient de sortir son premier album baptisé « Passe… comme tu sais ». Julia est la nouvelle petite protégée de madame Mylène Farmer. Vulgairement, on pourrait dire que Julia est la nouvelle Alizée. Entre mélodies farmeriennes, textes à double sens et silhouette ingénue, la jeune femme de 18 ans compte s’imposer avec son seul prénom.

L’aventure Julia commence il y a cinq ans. Devant son téléviseur, Mylène Farmer voit la toute jeune Julia, âgée de 13 ans, qui s’égosille sur « I will always love you » de Whitney Houston dans le télé-crochet « The Voice Kids » (oui Mylène regarde « The Voice Kids » c’est bon à savoir). Trois ans plus tard, pour fêter les 30 ans du tube « Pourvu qu’elles soient douces », l’icône dévoilait S.E.X.T.O produit par Laurent Boutonnat -son complice de toujours- et écrit par elle-même. On découvre alors une adolescente blonde au cheveux trop longs et aux yeux perçants, les lèvres mordues. Instantanément, on reconnaît la patte, les paroles ambiguës de la rousse mystérieuse et les sonorités de Laurent Boutonnat. Mais instantanément, on ne peut s’empêcher de celle qui a été repérée dans « Graines de Stars » de la même manière, vingt ans plus tôt : Alizée.

Julia, un copié-collé d’Alizée ?

Autant le dire, à peine j’avais fini ma première écoute de S.E.X.T.O en 2018 que le titre était déjà dans ma playlist. C’est un retour aux sons 90s/2000 qui tombe à pic lors d’un regain d’intérêt pour ces décennies dorées. Des synthés, des gimmicks « ba di dou di da » et un refrain dance léger qui ne se prend pas la tête. Les paroles sont quant à elles bien plus osées, avec parfois une double lecture : « Shot de tequila c’est moi / Au dévergondage, pas de règle pas d’âge ». Cette recette d’une mélodie pop acidulée, de paroles coquines chantées par une jeune fille en fleur a déjà été payante en 2000 pour Alizée qui faisait l’analogie entre le sexe et les gourmandises. Sur ce point, oui, Julia ne se détache pas beaucoup des sentiers déjà bien battus par la légende d’Alizée. Les fans de Farmer s’en donnent d’ailleurs à cœur joie pour comparer la brune aux cheveux courts et la blonde aux cheveux longs, surtout quand celle qui est aujourd’hui maman de deux filles vient créer la chorégraphie de celle qui prend sa relève.

Il faudra alors attendre le second single #mesuistrompée puis l’excellent « Passe… comme tu sais », sortis en 2019, pour se rendre pleinement compte du potentiel qu’offre Julia. Sa voix très mature, presque grave mais à la fois angélique, envoûte sur les mélodies magistralement précises de Laurent Bouttonat. Au fil des mois, Julia grandit physiquement et artistiquement pour finir par dévoiler le dernier single d’avant sortie de l’album, intitulé « Et toi mon amour ». Une chanson dans laquelle elle s’affirme, prend les rennes de la relation qu’elle vit, sur un son de guitare sèche et entraînant. Bien sûr on reconnaît ce qui a fait le succès de celles qui sont passées avant elle -et d’ailleurs tant mieux- mais l’univers de Julia se dessine méticuleusement pour aboutir sur le premier petit bijou qu’est « Passe… comme tu sais », son album.

Un bon album, mais pas de tube

Confinement oblige, le premier album de Julia a été décalé de quelques semaines. C’est donc le 19 juin que le grand public a pu découvrir ce que mijotaient la jeune chanteuse parrainée par Mylène Farmer et Laurent Boutonnat. Autant dire que j’ai saigné les 4 premiers singles et que j’avais hâte de comprendre l’histoire de cet album. Première écoute, le temps d’un trajet en vélib’ du 15ème à République. C’est bon, c’est étonnant, c’est kitsch parfois (ce qui est loin d’être une insulte) mais il manque quelque chose. Peut-être un refrain plus fort ? Peut-être une mélodie plus entêtante ? Pourtant « Baptême de l’air » -qui ne parle évidemment pas d’un voyage en avion- a tout d’un futur tube en puissance si elle est accompagnée d’un bon clip, idem pour « Même pas mal » ou le mignon « 9 vies ». Les balades, quant à elles, sont peut-être la vraie force de l’album. « My lonely day » est délicat, « La vie coule » est une bouffée d’air frais et « Mon héritage » gagne en puissance au fil des écoutes.

Je donnerais, alors, la note de 7/10 à ce premier album. Peut-être jeune (et en même temps Alizée n’avait que 16 ans lors de « Moi… Lolita ») et un peu quelconque, il gagnerait à être promu en télévision. Parce que oui, le réel problème de cet album c’est sa promotion désastreuse : inexistante. Ce qui fait que le nombre de vues des vidéos de la jeune fille reste au ras des pâquerettes quand elle pourrait bénéficier de l’aura de Mylène Farmer. Peut-être cela viendra. Laissons-lui du temps.

Chromatica : le come-back de la bonne vieille Gaga

Cette nuit, Lady Gaga a livré au monde son sixième album baptisé « Chromatica ». Si ces dernières années, la Rah Rah Bitch a exploré de nouveaux domaines avec un album de jazz soporifique, un album de folk dédié à sa vieille tante décédée ou un Oscar brillamment remporté, ici, on est de retour aux bases. De la pure pop qui fait danser. Dieu sait qu’on en a besoin.

En février dernier, Lady Gaga dévoilait le premier single de ce qui s’annonçait être sa nouvelle era. « Stupid Love », bouillabaisse électro-pop aussi efficace qu’énervante, ouvrait la voie au sixième album de la chanteuse de 34 ans. Métamorphosée en power-ranger rose latex, la star parcourait une planète colorée inconnue pour répandre la joie et l’amour à coup de chorégraphie millimétrée. Oh oui, on le sentait venir le message ultra-positif de l’artiste qui a, à présent, tout accompli. En plus de dix ans, Gaga a réussi à conquérir le titre ,qui paraît aujourd’hui si difficile à obtenir, d’icône. Des albums légendaires, des hymnes intemporels comme « Bad Romance » ou « Born This Way » et une carrière au cinéma couronnée de succès… Qu’a-t-elle encore à prouver ? Plus rien. Juste à contenter ses Little Monsters si fidèles et se faire plaisir. Alors après des albums et des années bien éloignées des dancefloors, ses fans s’impatientaient et protestaient presque pour que la grande Gaga fasse son retour avec un album dans la veine d' »Artpop » (injustement laissé pour compte) ou « The Fame Monster »… « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire danser et sourire le monde », déclarait la star dans les colonnes de « Paper ». Pari réussi.

Clairement la direction musicale de « Chromatica » se dessinait lorsque la pochette de l’album a été dévoilée – une Lady Gaga mutée en combattante cyberpunk aux cheveux roses- puis lors de la sortie de « Rain on Me » en featuring avec la lolita du moment Ariana Grande. She’s back to basics, et ça fait du bien. Ce jour, un article nauséabond (il faut le dire) est sorti dans un célèbre magazine féminin que je connais bien. La journaliste se pose la question de : pourquoi Lady Gaga a-t-elle besoin de retourner à ses extravagances alors qu’elle est, je cite : « désormais une grande dame respectable et qu’elle n’a plus besoin de se teindre les cheveux en rose pour se faire remarquer ». Plus loin, elle se demande si Gaga n’est pas atteinte du syndrome de « la femme laide » : « une femme consciente de son visage ingrat et qui le fait oublier par un look très excentrique et un maquillage utilisée comme une peinture, ou un masque ». Mysoginie et « Ok, boomerisme » puissance 1000… Je rappellerai simplement que Lady Gaga a eu un impact colossal et unique autant sur le monde de la musique que sur le monde de la mode. Alexander McQueen, Versace ou Balenciaga… Ses excentricités ont permis de raviver une créativité perdue dans la fashionsphère. Et merde, heureusement qu’à 34 ans on a encore le droit de se foutre des perruques rose barbie.

Un album cinématographique et tellement pédé

Bref, dans la nuit de jeudi à vendredi, l’album est sorti. J’ai attendu jusqu’au matin avant de l’écouter dans les parfaites conditions. J’appuie sur play et là, je comprends. Nous sommes transportés sur la planète Chromatica avec un prélude digne d’un film de Luc Besson. On démarre par Alice, un tube en puissance généré pour les clubs queer et nourri par des sonorités à la « Freed from desire ». La chanteuse fait référence au conte de Lewis Caroll « Alice aux pays des merveilles », et confère un superbe début d’album comme la chute de la petite fille dans le trou du lapin. Le reste du voyage va déménager. On enchaîne avec les deux singles déjà connus qui fonctionnent parfaitement dans la logique du disque. Puis arrive « Free Woman », et on se rend compte de l’inégalité de l’album, mais ce titre un peu faiblard est rattrapé par « Fun Tonight ». Un titre intriguant et plutôt linéaire dans lequel on décèle enfin une partie du message bien plus profond qui réside sous les paillettes de « Chromatica ». Elle y confronte ses proches, plus intéressés par sa célébrité et son statut que par son bien-être psychologique. La santé mentale, un des nombreux combats de Lady Gaga, est également traité dans l’explosif « 911 ». On se rend compte alors que l’album est bien plus profond qu’il n’y paraît. Avec sa construction si particulière -il y a 3 interludes, comme pour annoncer 3 chapitres- cet opus s’annonce comme un long-métrage de science-fiction allégorique.

On ne peut s’empêcher de penser également que la Mother Monster a construit cet album survitaminé et tellement queer -notamment avec son duo avec le mythe Elton John ou le groupe coréen de kpop Black Pink – comme une métaphore de la communauté LGBTQ+ : joyeuse et extravagante en apparence pour cacher des blessures intérieures liées à la discrimination.

Elle l’a joué safe

Bien sûr, tout n’est pas tout rose contrairement à la couleur prédominante de l’album. Oui, Lady Gaga a joué la carte de la facilité avec des sons ultra (trop) efficaces. Pas d’énormes claques sonores et peut-être un manque de recherche ou de créativité. Celle qui nous avait habitué sur ses premiers disques à des ovnis musicaux, ici, la chanteuse proposent des tubes qui se ressemblent parfois un peu trop.

Ma note : 7,5/10

En guerrière amazone dopée aux néon lights et aux tubes eurodance (et qui aurait peut-être écouté trop de David Guetta ?), s’offre un retour triomphant. A coup sûr, « Chromatica » trustera les premières places des charts dans les semaines à venir. « Babylon », « Sour Candy », « Replay » et « Rain on me » sont les locomotives de l’album et auraient rapidement joint les playlists des clubs gays du monde entier s’ils étaient ouverts. A l’inverse « Free Woman », « 1000 doves » et « Plastic Doll » figurent comme des chansons qu’on aurait placé là pour combler les vides de « Chromatica ». Encore une fois, les interludes apportent réellement une plus-value au disque, le rendant plus spectaculaire. Si Gaga avait tweeté ironiquement, en fin d’année dernière, qu’elle ne se souvenait pas de « Artpop », elle a pris le meilleur de cet album pour élaborer ce sixième opus. Je suis heureux de retrouver la bonne vieille Gaga qui m’avait tant fait de bien lors de mes jeunes années. Longue vie à la mère des monstres.

Pourquoi c’est iconique #2 : La Star Academy, génération de rêve

« La musique, oui, la musique, tu le sais sera la clé de l’amour, de l’amitié »… Si tu t’es déjà égosillé sur cette chanson, cet article est fait pour toi. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En 2001 c’est le raz-de-marée sur TF1. 16 apprentis chanteurs – 16 branleurs littéralement – sont sélectionnés pour intégrer ce qui deviendra l’une des émissions les plus cultes de la télévision : « Star Academy ». Presque deux décennies et une crise sanitaire plus tard, le programme fascine encore.

Des semaines que la France entière est confinée, je ne vous apprends rien… Mais un phénomène est observé à mesure que les longues journées enfermées s’accumulent. Une nostalgie des nos jeunes années -dixit le sosie de Plastic Bertrand de 23 ans- par le retour en premier lieu de la saison emblématique des Anges 5 sur NRJ12. Cette saison légendaire de 2013 s’est vue reprogrammée en urgence pour remplacer la saison 12 en panne de nouveaux épisodes. J’avais 16 ans et j’admirais chaque soir Nabilla et ses extensions crasseuses s’engueuler avec Capucine Anav armée de son headband. L’âge d’or de la télévision, vraiment.

Quelques jours plus tard, c’est un autre come-back -et non des moindres- qui tire encore sur ma corde sensible. En ouvrant Youtube, que vois-je ? Le petite tête chevelue et le visage lisse de Nikos Aliagas qui présente la première saison de Star Academy. Endemol, la société de production, a fait un joli cadeau aux confinés mélancoliques en le mettant en ligne. Je clique donc, sans attendre, et là… Shot intense de plusieurs émotions. De l’euphorie, au « ha oui je me souviens de ça » en passant par « où sont passées mes belles années ? »… Bref je mate le premier prime, puis le deuxième, le troisième… Je m’enfile la saison 1 comme une boîte de Pringles à l’ail. Et clairement ça a très, très mal vieilli. En fait, Star Academy est l’une des émissions les plus problématiques de ces vingt dernières années. Je vous conseille de lire ce très bon article écrit par ma collègue Elodie Petit sur ELLE qui décrypte toute l’homophobie ordinaire, le sexisme dégoulinant et la grossophobie décomplexée qui animait l’émission de bout en bout.

Oui, en 2001 on se demandait devant 10 millions de téléspectateurs si cette chemise ne faisait pas trop « pédé », on pesait les candidates en direct et on forçait les jeunes candidats à s’embrasser sur le plateau. C’était il y a 19 ans sur la plus grande chaîne d’Europe et là on peut se dire que les choses ont changé… Ou en tout cas ces idées sont plus masquées. Mais moi à cinq ans je ne voyais pas tout ça. Je voyais du rêve, des paillettes, les tenues trop tendances de Carine et d’Emma Daumas à chaque prime, les stars internationales qui venaient chanter avec les académiciens. Elton John, Tina Turner, Madonna, Britney Spears, Beyoncé, Mariah et Carey et Rihanna en marraines… Ça fait une belle brochette de saltimbanques.

Un vrai berceau de stars ?

La promesse de l’émission était de former de nouvelles stars de la chanson. Bon, là-dessus on repassera. Les candidats à avoir percer sur le long terme se comptent sur les doigts d’une main : Jenifer, évidemment la gagnante de la saison 1, Nolwenn Leroy pour la saison 2, Olivia Ruiz, Elodie Frégé la gagnante de la saison 3, Gregory Lemarchal… On a à peu près fait le tour. Et pourtant, à la sortie du château de Dammarie-les-Lys, les opportunités fleurissaient pour les jeunes prodiges. Il faut dire qu’avec des pics à presque 12 millions de téléspectateurs, les chanteurs en herbe bénéficiaient d’une jolie renommée. Ainsi Emma Daumas (ma pref’ vous l’aurez compris) sortira quatre albums dont deux avec succès, Houcine de la saison 2 chantera la chanson du Livre de la Jungle 2. Quant à Sofia Essaïdi, elle deviendra la muse de Kamel Ouali et incarnera avec brio la dernière reine d’Egypte dans la comédie musicale « Cléopâtre ». Carine de la saison 1 intégrera la désastreuse comédie musicale « Cindy » avant de tenter sa chance dans les Anges 3, Jean-Pascal vendra 1 million d’exemplaires de « L’agitateur » tandis que Jessica Marquez connaîtra un joli succès avec « Magdalena » une reprise de Julie Pietri. Et comment oublier Sofiane de la saison 4 qui vivra une éphémère love story avec Nabilla Benattia et lui écrira l’hymne d’une nation : « Dingue de toi »… Mais comme pour tout le monde, le plus dur c’est de pérenniser la gloire.

Un retour de la Star Ac’ ?

Alors que je suis donc en plein dans ce mood revival de mes années bonheur avec Nikos et toute la clique, je tombe sur un article du Parisien qui annoncerait un retour de la « Star Academy ». Mon coeur fait bim bam boum comme dirait l’autre, plein d’espoir quant au retour de l’émission phare. Alors, est-ce possible ? Et bien il semblerait que la production travaille tout d’abord sur un prime événement unique pour fêter les 20 ans de l’émission en 2021. On y retrouverait des candidats marquants, des magnétos bonne rigolade et des prestations live. Mais ce qui nous intéresse surtout, c’est de savoir si il y aura une 10ème saison de la Star Academy (doit-on vraiment compter la saison 9 bon marché d’NRJ12 ?).  » Nous travaillons sur différents programmes autour d’une Star Ac nouvelle génération, annonce Vincent Panozzo, le directeur des programmes et de la création et du développement du groupe Endemol Shine. L’année prochaine, c’est l’anniversaire des 20 ans, ça se fête. Je suis persuadé qu’un jour, l’émission reviendra, car elle fonctionne par cycle. Il y aurait toujours ce côté apprentissage et aussi de grands primes avec des lives ». Ça semble en effet sentir bon le retour de la Star Ac’ alors… Mais attention ! On pose nos conditions : on veut queen Armande Altaï pour les cours de chant, l’indétrônable Kamel Ouali pour la danse, l’intraitable Raphaëlle Ricci pour les cours d’expression scénique et le meilleur pour la fin… Alexia Laroche-Joubert derrière le bureau de directrice. C’est ça, ou rien. Ah et le générique original « Run, baby, run » pas l’espèce de soupe de Bob Sinclar.

Pourquoi c’est iconique #1 : Lindsay Lohan, la lolita désenchantée

Le 31 mars dernier, explosion de pop culture. Lindsay Lohan est de retour. La légende des années 2000 renaît de ses cendres et sort un nouveau single baptisé « Back to me » (en bas de l’article). Tout un symbole pour celle qui a côtoyé les cieux il y a 15 ans, avant de se brûler les ailes trop rapidement. Cette nouvelle m’a tellement enchanté, ravivant une passion Lindsay Lohan toujours ardente, que j’ai décidé de lancer ce nouveau format. Premier focus, donc : pourquoi Lindsay Lohan est-elle iconique ?

Née en 1986, la rouquine armée de ses craquantes tâches de rousseur débute sa carrière à 3 ans. Oui, c’est tôt et visiblement ça laisse des séquelles. Lindsay Lohan tourne dans des publicités et intègre un soap-opéra en 1996. Puis c’est à 12 ans qu’elle connaîtra son premier rôle populaire. Ou plutôt ses premiers rôles puisqu’elle incarnera les jumelles Hallie et Annie dans le long-métrage Disney « A nous quatre ». Le film est un succès. Lindsay Lohan intègre donc l’écurie Disney (qui cause tant de ravages) et signe pour trois autres projets. Parmi eux : « Grandeur nature » avec le supermodel Tyra Banks ou encore l’excellent « Freaky Friday » aux côtés de l’immense Jamie Lee Curtis. Bref, la carrière de Lindsay Lohan ne connaît aucune embûche, et elle devient aussi populaire à travers le monde que les Britney (on y reviendra lol) ou Justin Timberlake de l’époque.

Sa carrière explose enfin en 2004 lorsqu’elle est choisie par Tina Fey pour incarner le rôle de sa vie. Elle devient Cady Heron dans la truculente comédie « Lolita malgré moi » (« Mean Girls » pour les puristes) et joue aux côtés de Rachel McAdams, Lacey Chabert et Amanda Seyfried, jeunes premières à l’époque. Pas besoin de vous expliquer le scénario de ce chef-d’oeuvre, sinon qu’est-ce que vous foutriez là ? En gros on est sur le « Scarface » des pestes de 2004, avec plus de nombrils apparents et de répliques acerbes. Et en parallèle, Miss Lohan qui est solicitée de partout et a les yeux plus gros que le ventre se lance dans la chanson. It-girl oblige, son premier album « Speak » est un raz-de-marée auprès des adolescents mais est complètement descendu par la critique. Genre les Inrocks n’aiment pas « Rumors » de Lindsay Lohan ? Cheap.

La gloire entraîne le trop, elle sort son deuxième album « A Little More Personal (RAW) », qui passe un peu plus inaperçu que le précédent. Elle tente de se consoler dans le cinéma, son premier amour, en jouant en mai 2006 dans le  film « Just My Luck », qui connaît un succès mitigé. Elle s’illustre ensuite en 2007 aux côtés de Jared Leto dans « Chapter 27 », où elle campe l’amie de l’assassin de John Lennon. En somme, elle enchaîne les navets jsuqu’au thriller « I know who killed me », un flop monstrueux, qui lui vaudra le Razzie Award de la pire actrice. Pas à son top la Lindsay.

Clairement, elle ouvrira à ce moment la porte vers les enfers. Elle enchaîne les petites productions anonymes et les échecs. Elle tourne dans le clip du groupe NERD « Eveyrone nose », une claire référence à la consommation de cocaïne. Oui, ce n’est plus un secret pour personne à ce moment : Lindsay est une grande amoureuse de la poudreuse. Un an plus tôt, en 2007, elle est arrêtée ivre et en possession de cocaïne au volant de sa Mercedes. L’ex-lolita écope d’une journée de prison. Une sombre période pour la party girl qui créera pourtant les moments de pop culture les plus mythiques avec ses deux meilleures amies de depuis 2004 : Britney Spears et Paris Hilton. La trinité infernale. Les nanas ne se tiraient clairement pas vers le haut, mais faisaient les choux gras de la presse people. Pourtant en 2006, le pouvoir des trois est dissolu lorsque Lindsay Lohan (clairement défoncée) affirme devant les paparazzis que Paris Hilton l’a blessée avec un verre, puis l’insultant gentiment de « salope ». Depuis, les deux femmes se vouent une haine sans nom.

Jamais à cours d’idées, Lindsay Lohan se dit en 2009: « Tiens, si je tentais le même coup de poker que Victoria Beckham » ? L’éternelle Cady Heron est alors embauchée comme co-directrice artistique de la marque italienne Emanuel Ungaro. Un désastre. Sa collection est démontée par la critique et encore considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands blasphèmes fait à la mode. Du monde de la couture italienne, Lindsay Lohan en aura tiré une nouvelle addiction : la chirurgie esthétique. La star se métamorphose jusqu’à devenir presque méconnaissable. En 2011, sans doute à cours d’écus, elle accepte de poser nue pour le magazine « Playboy » contre la somme d’un million de dollars. La même année, elle est condamnée à quatre mois de prison pour violation de sa conditionnelle dans une sombre histoire de vol de collier. Être et avoir été…

Les années 2010 sont donc très calmes pour Lindsay Lohan. En 2013, elle en était déjà à sa sixième cure de désintoxication. Elle tente des petits retours comme invitée dans « Glee » ou « 2 Broke Girls ». Depuis, c’est un quasi néant. En 2017, elle fait part de son souhait de tourner les suites de ses block busters : « Freaky Friday » , « Lolita malgré moi » et « La Coccinelle revient ». En 2019, elle lance sa télé-réalité « Lindsay Lohan’s Beach Club », qui dévoile la création de sa propre discothèque à Mykonos sur MTV. Devinez quoi ? C’est un flop.

Mais, finalement, le phénix renaît de ses cendres. Lindsay Lohan, qui a dégonflé un peu des lèvres, dévoile son nouveau single « Back to me ». Un single pop, dansant avec des paroles évocatrices :  » Quand la vie devient plus difficile et que l’esprit devient plus sombre / Rappelez-moi qu’il n’est jamais trop tard / Parce que je sais que j’ai coulé trop profondément / Et je sais que je voulais partir / Il est si facile de partir « . Assurément, on n’est pas sur un « Bohemian Rhapsody », et ce n’est pas ce qu’on demande à Lindsay Lohan. Le clip n’est quant à lui pas encore sorti. Espérons qu’il soit aussi iconique que sa carrière.

Pourquoi nous allons perdre l’Eurovision, sans même se battre

Vendredi 14 février. Je scrolle mon fil d’actualité sur Twitter. Entre deux memes de Fred des Anges, je tombe sur un audio avec la tête de celui qui est depuis quelques jours mon pire ennemi annoncé : Tom Leeb. Wow, ça y est on est sur le point de découvrir la chanson qui va enfin nous représenter le 16 mai prochain (lendemain de mon anniversaire, n’est-ce pas un signe ?) à Rotterdam, aux Pays-Bas.

Ce genre de mini-événement peut paraître anecdotique pour le commun de mortels. Pour moi, c’est aussi important qu’une élection présidentielle. Je suis un obsédé de l’Eurovision. Un détraqué qui écoute en boucles les chansons de ce concours que les pauvres d’esprit qualifient encore de « kitsch ». Peu importe, je pardonne les ignorants. Toujours est-il que depuis des années, l’Eurovision aka le plus grand show musical au monde est si important que je peux ghoster délibérément mes potes pour pouvoir regarder. #storytime

Il faut savoir que lorsque j’ai appris que l’artiste sélectionné d’office par France 2 était Tom Leeb j’ai cru faire un malaise vagal. Depuis deux ans, la chaîne organisait un concours télévisé baptisé très justement « Destination Eurovision », qui nous a permis d’envoyer nous représenter deux petits bijoux : Madame Monsieur avec leur ôde »Mercy » et Bilal Hassani, avec son hymne à l’acceptation « Roi ». L’émission a été annulée pour fautes d’audiences. Et qui pour succéder à l’icône de mes nuits ? Tom Leeb, fils de Michel Leeb, humoriste à l’humour plus de douteux. C’en est trop pour moi. J’ai l’impression qu’on me chasse de ma propre maison. Panique.

Le mal étant fait, Je décide donc EVIDEMMENT de mettre play sur la vidéo pour confirmer mon avis négatif sur ce choix. Le titre s’appelle « The best in me », et déjà ça n’annonce rien de glorieux. Le Pascal Nègre qui sommeille en moi a vu juste. Un titre plat. Poussif à mort. Sans saveur. Sans message, ni conviction. Aucun refrain réel, et la voix inexistante et faussement éraillée de Tom Leeb ne sauve même pas le peu qui serait comestible. Clairement, on dirait un single de gagnant de X Factor qu’on oubliera deux semaines après sa sortie. Bienvenue en 2008. Ici, vous pouvez le dire : c’est ringard. Voici ce qui se passe quand on confie l’Eurovision entre les mains d’hétérosexuels…

Je ne comprends pas la volonté de France Télévisions de représenter la France avec ce titre. Tout le monde sait que ce genre de power ballad livide se classe dans le bottom 10, en bas du tableau. C’était le cas pour le britannique Michael Rice avec « Bigger than us », qui avait le mérite d’être même plus entraînement que notre daube tricolore.

L’avis général des twittos est d’ailleurs du même acabit que le mien et la position de Tom Leeb dans les prévisions des bookmakers ne s’y trompent pas : il est actuellement 25ème sur 41 pays. Belle perf’.

Pour conjurer ce sort il faudrait alors réaliser un « revamp » du single, c’est à dire une version améliorée ou remixée, quelques jours avant la deadline le 9 mars. Aucune chance, donc. Tant pis, on fera mieux l’année prochaine…

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